Journée mondiale de la Femme : Le 8 mars 2010
Cette journée est une grande fête, elle fait même l'objet de toute une semaine. En effet chaque année, un lieu est désigné dans chaque département. Et du 1er au 8 mars a lieu toute une panoplie d'activités. Les femmes viennent exposer ce qu'elles font, il y a des conférences,...
Cette année, le thème était « la femme a droit à la vie en donnant la naissance ».
Les autorités sont invitées pour l'ouverture le 1er mars et pour la CENAFETE le 8 mars.
Je me suis rendue à la CENAFETE avec un groupe de femmes de Pala mené par la Soeur Véronique avec laquelle je travaille.
Cette année, la fête se déroulait dans la sous-préfecture de Torrock. Petit village sur la route de Fianga a une trentaine de kilomètres de Pala. La soeur Véronique m'avait fixé rendez vous le lundi 8 mars donc à 6h30 à la maison car si on voulait avoir une place il fallait partir tôt. J'attends, j'attends,... 7h30 arrive. J'envoie un message, la réponse est « très bien j'arrive ». En fait sa soeur faisait le jardin elle attendait qu'elle est fini. La veille, on l'avait appelé pour lui dire que toutes les personnes qui voulaient partir à Torrock devaient se rendre chez le gouverneur et quitter ensemble. C'est-à-dire faire cortège avec lui et ces voitures de police. Nous voilà donc chez le gouverneur, avec une bonne dizaine de militaires devant chez lui. Malheureusement (ou heureusement) il n'est pas prêt. Il nous donne le feu vert pour partir avant lui.
Sur la route nous croisons beaucoup de femmes et de jeunes filles qui se rendent également là-bas. Elles sont en cortèges sur le bord de la route et chantent déjà.
Nous arrivons sur place, les femmes sont nombreuses et elles sont par villages et/ou groupements. Elles ont soit passé la semaine à Torrock soit elles sont arrivées le matin. Puis on nous indique la « tribune » (des bâches pour faire de l'ombre et des chaises en dessous). On nous installe dons. Le gouverneur arrive, tout le monde se lève. Le comité d'organisation lit le programme : discours, remises de cadeaux, défilés. Je passe les deux premiers points même si les discours étaient pleins d'espoirs pour les femmes et leur prise en charge pré et post natal dans les hôpitaux.
Le défilé commence donc. Chaque groupement passe devant la tribune en chantant et en dansant ; Ce sont des écoles, des groupements de femmes éleveurs de porcs, de bovins, de volailles,..., groupement de potières, troupe de théâtre, et les GRIOTS.
Les griots sont là depuis le début pour mettre l'ambiance. Ils amusent les gens en se moquant des officiels en faisant des rimes au son du tam-tam et du balafon.
Brouillard de sable : Le jeudi 18 mars 2010
La journée se passe tranquillement. C'est un jeudi, il y a les animations au centre de rééducation. Je vais donc chercher les jeunes handicapés, qui ne peuvent pas se déplacer, chez eux.
Vers 16h, je remarque que le soleil n'est plus visible, avec une luminosité « orange ». « C'est le brouillard de sable » me dit on. Un truc impressionnant. Quand on est dehors on a l'impression de respirer du sable, les meubles sont pleins de poussières, si tu les nettoie deux minutes après ils sont de nouveaux pleins de sable. Le jeudi soir et le vendredi on ne voyait quasiment rien.
En me réveillant, le vendredi matin, je prends mes lunettes, ce n'était que de la poussière.
Le seul avantage de ce brouillard de sable est que ça a amené la fraîcheur pendant une petite semaine.
Djouman : du 22 au 28 mars 2010
Je pars une semaine à Djouman : village qui se situe à 3h de route de Pala = 100km de piste jusqu'à Kélo et 1h de route sur le goudron en direction du Nord (c'est-à-dire vers N'Djamena).
Village bordé d'un côté par le goudron et de l'autre par le Logone (un fleuve). La mission catholique où je loge se situe juste au bord avec accès prisé au Logone. « On est riche ici, avec l'eau » me dit un homme rencontré au bord du fleuve.
Ici, le prêtre est suisse, il est au Tchad depuis 1979 et à Djouman depuis 10 ans. Il part à la retraite au mois de juin. Avec lui habite un homme qui l'aide dans la cuisine mais également dans ces déplacements et chantiers dans la paroisse. Il y a également son fils de 10 ans.
C'est la première fois que quelqu'un passe une semaine dans la brousse de Djouman. Résultat je découvre des cas très lourds de handicap, qui nécessite soit une opération soit un appareillage.
Sinon les soirées sont riches en partage avec le Père. Il était ami avec un des moines de Tibbérine. Il a été cherché ses correspondances avec lui et m'en a lu des passages. Elles sont riches en information sur la vie des moines à Tibbérine et sur leur mission là-bas. Le Père de Djouman est passé là-bas lors d'un voyage en voiture entre l'Europe et le Tchad.
Sinon durant toute la semaine, je me suis baignée dans le Logone. Qu'est ce que ça fait du bien. Ca me manquait. Le courant y est assez fort, dans certains endroits on ne peut même pas le remonter en nageant. Le niveau de l'eau permet au gens de traverser le fleuve à pied.
Le dimanche avant de partir nous avons rendu visite à un prêtre séculier qui à 96 ans et qui habite dans un petit village. Il est là avec un « disciple » et transmettent la parole de l'évangile. Ils ont construit une petite église très charmante. Tout en terre. Elle est pleine de symbolique : la croix est faite de 12 « carrés » et elle est à l'image des maisons du village pour que les gens se sentent chez eux en venant à la messe.
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