Voilà le temps qui passe à une vitesse incroyable. Avec un programme très chargé.
Il y a beaucoup de travail au centre handicapé. Les familles ont fini de faire la fête et pour l'instant il n'y a pas de travaux dans les champs, donc ils en profitent pour venir. Nous avons 10 familles qui logent actuellement au centre, dans 4 chambres. Donc certaines sont obligés de loger à l'extérieur et vue la fraîcheur du moment, ce n'est pas très agréable pour elles. Donc nous avons mis à leur disposition des couvertures et des pulls en laine pour les enfants.
Sinon au niveau du travail aussi, j'ai effectué ma première sortie en brousse. Dans une zone qui se trouve à une centaine de kilomètre de Pala, en compagnie de deux personnes qui travaillent au BELACD aussi. Une soeur chargée de suivi pour les différents programmes et un homme qui travail pour le programme SIDA et plus particulièrement pour le volet EVA (Education à la Vie et à l'Amour). Il forme des personnes qui vont ensuite dans les classes pour discuter sur ce sujet.
La première partie de la route qui nous mène jusqu'à Gagal est assez bonne (c'est-à-dire juste quelques trous et un peu de sable). Le paysage est assez joli, vallonné. Nous avons mis 1h30 pour faire 60 km. Mais par la suite les choses ce sont compliquées. Personne de nous 3 ne connaissait la route donc à la première intersection nous nous sommes trompés de route. Heureusement quelqu'un passait par là et nous lui avons demandé tout de suite. Une fois sur la bonne route, il y avait des endroits avec beaucoup de sable. Nous sommes restés embourbés 3 fois. Car la soeur qui conduisait avait oublié de mettre le 4X4 donc après ça a été. Malheureusement je n'ai pas eu le réflexe de faire des photos quand on grattait autours des roues pour enlever le sable. Mais il n'y avait pas que le sable, on trouve aussi des endroits avec des gros « cailloux » qu'il faut contourner dans le bon sens pour ne pas se faire avoir. Bref on s'est bien amusée sur cette route, mais quand même contente d'être arrivée. Pour faire les 40km nous avons mis près de 2h30.
La ville où nous sommes allées s'appelle Keuni. C'est tout près de la frontière du Cameroun. Il y a 2-3 ans, de gros problèmes ont eu lieu entre les musulmans et la population. Une partie de la ville a été brûlée. Là bas, nous y avons été pour travailler avec les enseignants d'une école gérée par le BELACD, j'ai pu également rencontrer quelques personnes handicapées qui habitent là bas. Nous sommes arrivés le jour où il y a eu un décès. Donc toute la nuit, nous avons eu les chants religieux toute la nuit avec les tam-tams. Le lendemain nous avons repris la route pour Gagal où on nous attendait pour une réunion avec l'association des personnes handicapées. Nous sommes partis (évidemment) avec près d'une de retard, et nous nous sommes arrêtés dans un village « Kouryadgé » où nous devions visités un centre de formation au tricot et à la couture, et le bâtiment construit par les allemands pour l'association des personnes handicapées. Mais le temps d'aller chercher untel et untel, nous avons encore pris 45 minutes de retard.
Mais les péripéties ne s'arrêtent pas là. Nous nous sommes égarés entre Kouryadgé et Gagal. Ou plutôt on nous a égaré. A un carrefour on a demandé la route, et évidemment on nous a indiqué la mauvaise. Puis on ne reconnaissait pas la route, et donc a un autre carrefour on a redemandé la route, on nous a dit de tourner à gauche. On a fait une vingtaine de kilomètres. Et tout ça nous paraissait bizarre nous avons demandé à 2 personnes à vélo (sur un vélo évidemment). Ils ont bien ri car on était quasiment à l'opposé de Gagal. Nous avons donc fait demi-tour. Pendant ce temps là les personnes de Gagal nous appelaient « mais vous êtes où ? » et nous qui répondions « si on savait !!!! ». Bref, encore une bonne partie de rigolade.
Donc résultat arrivé à Gagal avec près de 3h de retard. On a fait la réunion puis on a enfin pu manger (15h). Nous avons rendu visite au chef de canton et nous avons repris la route pour Pala. J'étais très contente d'être arrivée.
Je suis retournée seule à Gagal dix jours plus tard, je suis fier de moi, j'ai très bien géré la route. Juste un petit trou a échappé à ma vigilance, mais je roulais tellement doucement que j'ai juste un peu sauté dans la voiture.
Sinon dans la vie de tous les jours. Je me surprends un peu tout les jours. Le jour du marché est le samedi. Je termine le travail à 11h, et je vais ensuite au marché. La semaine dernière, on voulait acheter un poulet. Elisabeth et Renato ne se sentait pas capable de marchander. Je me suis donc lancer. En experte, je m'approche des vendeurs. J'avais autours de moi dix poules suspendu au bras des vendeurs. Le plus proche me dit un prix et me dit que c'est un jeune poulet que c'est une bonne affaire. Evidemment je marchande, mais ne veut pas descendre ces prix, je fais donc mine ne me désintéressé de lui. Je m'adresse donc à un autre. Et là le premier revient, et comme par hasard, il accepte, le prix que je lui avais proposé. En rentrant je montre le poulet au gardien et le prix au quel je l'ai payé. Et il m'a dit que j'avais fait très bien marchandé, que c'était le prix. J'étais très fier de moi. Je lui ai donc confié pour qu'il le tue et le coupe. Tout ça seulement en contre partie du cou, de la tête des pattes, et du gésier. Il était très heureux.
Depuis dimanche, nous avons une poule, que nous nourrisons bien, en vue de la manger.
La semaine dernière a eu lieu l'inauguration d'un centre de santé dans la brousse à environ 30 km de Pala. Vers midi en rentrant à la maison. Je vois au loin un cortège de voiture. La première me fait signe de m'arrêter et tout autours piétons, motos, vélos, voitures s'arrêtent. Et le cortège donc passe, sans mentir 6 voitures pleines de militaires puis une belle voiture avec un homme à l'arrière et puis de nouveau 5-6 voitures avec des militaires. J'ai appris le lendemain, que c'était l'ancien président du Soudan qui était venu pour l'inauguration. Il avait atterri à « l'aéroport » et allait au centre de santé. C'est un centre qui a été construit par les musulmans.
Premier cours de cuisine : Des amis de l'hôpital m'ont organisé mon premier cours de cuisine. C'était donc chez la cousine d'une des personnes. Comme je n'étais pas là le samedi elle avait été au marché. Nous avons donc préparé la boule de maïs et la sauce de légumes (feuille d'oseille et épinard) avec la viande de chèvre. Il a d'abord fallu couper la viande. Ca devait être une patte de chèvre avec les os évidemment et il fallait couper en petit morceau. Nous avons mis ça avec des oignons et deux louches d'huile dans une casserole sur le feu. Pendant ce temps là on a coupé les feuilles d'oseille et les épinards en petits aussi. Nous avons fait cuire les deux séparément. Puis nous avons mis les épinards et de l'eau avec la viande, puis les feuilles d'oseille. Nous avons laissé mijoter un peu. Puis nous avons mis deux cuillères à soupe de pâte d'arachide et deux cubes « maggi ». Laisser un peu sur le feu. Nous avons tamisé la farine de maïs pendant ce temps là.
Dans une bassine on a mélangé un peu de farine avec de l'eau (la bouillie) que nous avons versées dans une marmite d'eau chaude. Après un peu de temps nous avons rajouté beaucoup de farine et puis tourner, tourner, tourner,.... Mais c'était trop difficile alors j'ai refilé ça à la femme. En plus la marmite bougeait sur le feu, j'avais peur de tout mettre par terre. Je mettais déjà couper une fois et bruler avec de l'eau juste avant, le métier commençait déjà rentrer dans la tête.
Et voilà tout était prêt. C'est l'heure de déguster et c'est pas mal. On a bien mangé. Puis les voisins ont ramené une boule aussi. Kaï (comme on dit ici). L'après midi fut repos sous le manguier et discuter.
Le mercredi je vais dans le foyer des filles (gérée par des soeurs) et j'aide un peu aux devoirs d'anglais et de biologie. On s'amuse bien elles sont très sympa. Ca me fait rencontrer du monde même si, c'est une après-midi de plus où je ne peux pas me reposer. Je dormirais le dimanche.
J'ai surement du oublier pleins de choses.
Ma vie ici s'organise petit à petit, je prends mes repères. Je vais régulièrement chez les gens les saluer et discuter un peu. C'est très agréable.
Ma cuisine avance petit à petit. Ils ont mis la porte (monté une première fois à l'envers) et les encadrements des fenêtres. Aux quels il faut rajouter les moustiquaires et les vitres. Aujourd'hui lundi 25 janvier, ils ont monté les petits murets où viendra se poser l'évier.
Le mois de février va être chargé en voyage. Je rentre dans le vif du sujet.
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