Nous avons eu une panne internet d'une semaine. Je mets enfin quelques nouvelles sur mon blog, mais vous verrez que pour la coupe du monde, ce n'est pas trop d'actualité.
Marcelline
Le 7 avril, la soeur Véronique qui travaille au BELACD, me dit il faut qu'on aille voir une ancienne soeur qui a eu un accident et qui est devenue handicapée depuis 2008.
Donc c'est une soeur Bénétérézia, qui a quitté la communauté en 2005. Elle est partie étudier au Cameroun, et puis travailler dans un orphelinat à Maroua.
En 2008, elle a eu un accident vasculaire cérébral qui l'a rendu hémiplégique.
Elle a fait la rééducation au Cameroun, a bien récupéré au niveau du langage et de la marche.
En 2009, elle est rentrée chez elle au village : Goïgoudoum près de Torrock à une trentaine de kilomètres de Pala. A ce moment là, son papa, lui a présenté 5 hommes pour qu'elle choisisse un à marier, mais elle ne veut pas se marier. Son père l'a alors chassé de chez lui.
Son frère lui met une chambre à disposition, mais sinon elle se débrouille pour tout : puiser l'eau, faire à manger, laver la vaisselle, le linge,...
Nous partons donc voir cette jeune femme dans son village. Nous parlons ensemble, elle me raconte son histoire, ...
Nous décidons de la prendre avec nous pour la prendre en charge au centre handicapé, tout d'abord pour entretenir ces muscles mais aussi pour lui changer un peu les idées et la sortir de son environnement.
Et donc voilà depuis plus de 2 mois maintenant elle est avec nous au centre.
Je passe beaucoup de temps avec elle. On se prépare mutuellement les repas, on s'entend très bien.
Elle dit que « je l'anime ». C'est vrai qu'on rigole beaucoup ensemble.
Je suis très contente d'avoir rencontrée Marcelline.
Moundou
Après mon petit séjour au Cameroun, le traitement a fait effet assez rapidement, mais m'a bien fatigué.
Le lundi 24 mai, je suis donc partie à Moundou, où les chirurgiens étaient arrivés la veille. Et donc pendant 2 semaines je suis restée là-bas pour donner un coup de main à l'équipe de rééducateur.
On alternait 2 jours au centre de rééducation, 2 jours au bloc opératoire. Ce fût très intéressant. Après avoir étudié l'anatomie dans les livres et sur les planches, j'ai pu bien voir les muscles, les os, nerfs,... Je ne vous mettrais pas les photos !!!!
Les gens au Tchad ne montrent jamais leur souffrance. Les personnes opérées (ayant eu de grosses opérations), enfants ou adultes, ne pleurent jamais, ne se plaignent pas de la douleur,...
Lors de la dernière mission chirurgicale (en Février), une jeune fille de ma zone s'est faite opérée. Elle avait eu la poliomyélite quand elle était jeune, et avait eu des séquelles. Elles a les jambes paralysées, et comme elle n'a pas été prise en charge, elle ne pouvait plus étendre les genoux et les hanches. Pour se déplacer, c'était à quatre pattes.
Dans ce cas là, l'opération consiste à inciser les muscles qui se sont rétractés mettre un plâtre pendant 3 semaines. Et puis couper le plâtre dans le creux des genoux et étirer les jambes. Très douloureux. Ils refont ça toutes les semaines jusqu'à ce que les jambes soient étendues. Ils mettent des attelles en fer, et la personne peut marcher avec des béquilles.
Alors cette jeune fille, quasiment 3 mois après l'opération, elle est passée au centre pour nous montrer. Quelle joie !!!!
La fête de la jeunesse
Chaque année une ville est choisie au niveau national pour organiser la fête de la jeunesse. Cette année, c'est donc à Pala.
Elle devait avoir lieu fin mai, mais pour faute de détournement d'argent, elle a été repoussé, et s'est déroulée donc les 19 et 20 juin.
Eté organisé des matchs de foot, de handball, des conférences, un défilé,... mais surtout on attendait la venue du premier ministre et de plusieurs ministres et membres du gouvernement.
Le samedi matin, il y a eu une conférence et l'après-midi un matche de hand féminin. J'ai assisté au match avec l'équipe de la croix rouge et 2 infirmiers de l'hôpital qui assuraient la couverture sanitaire.
A la fin du match, nous sommes rentrés en ambulance à l'hôpital et sur la route nous avons vu au loin un cortège de voiture et tout le monde nous faisait signe de nous arrêter. C'était le ministre de la jeunesse qui arrivait, précédé de 3 voitures de militaires et suivi d'un cortège de voiture : la déléguée sociale de la région, le délégué sanitaire de la région, la compagnie de transport,... et puis nous.
Nous nous sommes dirigés vers le gouvernorat. Nous sommes restés là 5 minutes, puis le ministre est reparti pour aller accueillir le premier ministre.
Le dimanche matin après la messe avec Marcelline, nous sommes allées voir la cérémonie à la place de l'indépendance (devant chez le gouverneur). Tous les ministres ont fait des discours, puis il y a eu le défilé (les écoles, les groupements de femmes, les partis politiques, les clubs de sports,...). Il faisait chaud, toutes les boutiques étaient fermées donc je n'ai pas pu acheter d'eau, bref 3h à la chaleur et debout. Je suis rentrée bien fatiguée et avec de belles couleurs sur le nez et le front.
Après une bonne sieste, il fallait que je rejoigne l'équipe de la couverture sanitaire pour le match de football.
Les chinois
Depuis mon arrivée, on me parle des chinois, qui sont en brousse à une trentaine de kilomètres de Pala.
Ils sont là pour construire une cimenterie.
S'il n'y a plus d'oeufs ni de papiers toilettes, ce sont les chinois qui ont tout achetés, tout les vendredis ils sont à l'hôpital parce qu'il y en a un de malade, ...
Mais je ne les ai jamais vu. De temps en temps un dans la cabine d'un camion qui passe mais c'est tout.
Au mois de mars quand je suis allée à Badgé (40 kilomètres de Pala en pleine brousse), au retour nous étions passés par Bissi-Kéda, le fameux village où il y a la cimenterie. Un bâtiment énorme, où ils ont amené des préfabriqués pour l'hébergement,...
Il y en a même qui disent que ce sont des prisonniers en Chine qui viennent là. En tout cas, ils ont l'air nombreux.
Et la semaine dernière, un jour à l'hôpital je croise une jeune fille chinoise on se salue (elle est la seule à parler français) et une dizaine de chinois malade.
Le lendemain, pareil je vois de nouveau une dizaine de chinois malade. Ils ont tous la typhoïde.
Troisième jour pareil, et là je recroise la jeune chinoise à la caisse. Elle me dit bonjour Claire. Moi tout étonnée car je ne lui avais pas dit mon nom. Puis une demi-heure plus tard, elle débarque au centre handicapé. Et là nous avons parlé pendant près d'une heure.
Elle m'a invité à passer chez eux une fois pour manger leur nourriture chinoise.
Très belle rencontre qui m'a égayée ma journée.
La coupe du Monde
Comme le monde entier, le Tchad s'est mis à l'heure de la Coupe du Monde. Comme pour la CAN, nous pouvons suivre les matchs au centre culturel de Pala, dans des bars et nouveauté à l'évêché.
Le problème de l'évêché pour les matchs de foot, c'est qu'à partir de 20h30 il n'y a plus l'électricité. Donc difficile de regarder les matchs du soir. Un prêtre fan de foot, a donc fait installer un autre groupe pour pouvoir suivre tous les matchs.
Pour ma part, je préfère regarder les matchs avec les gens, donc je vais souvent au centre culturel.
Ici, évidemment, les gens supportent les équipes africaines, mais beaucoup vont aux matchs de la France, de l'Espagne,...
Ce qui est magique ici, c'est que quand une équipe marque un but (surtout celle qui ouvre le score) c'est la folie dans la salle.
Par contre, lors du match Afrique du Sud- France, toute la salle supportait l'Afrique du Sud (moi aussi un peu mais j'espérais toujours un espoir de la France). Lors du but français, une seule personne s'est levée et a crié.
Maintenant que l'Italie et la France sont éliminées, nous supportons tous la Ghana.
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